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LA CURIOSITÉ EST UN JOLI DEFAUT

1    Sur son compte Twitter, la journaliste Clara Beaudoux a fait le récit de la vie de Madeleine, ancienne locataire de son appartement parisien. Listes de courses, dents de lait et autres photographies trouvées dans la cave lui ont permis de retracer, avec sensibilité, le parcours de la vielle dame. La plupart du temps, pour le plus grand plaisir des internautes.  2                                                                                                                 La Voix Du Nord

1    Elle s’appelait Madeleine, elle aurait eu 100 ans en 2015. Je m’appelle Clara, j’ai 31 ans. Nous ne nous sommes jamais connues. C’est la femme qui a vécu dans mon appartement avant moi, pendant 20 ans. Elle est morte un an avant que je m’y installe, l’appartement avait été refait à neuf. Mais tout le monde avait semble-t-il oublié la cave. J’y ai découvert toute la vie de Madeleine, objets, photos, lettres. Je me suis plongée dedans.   2                                                                                                                 madeleineproject.fr

Coups de coeur coups de poing de ELLE

Sans titre

Bas les masques

À la lecture, ces derniers jours, des nombreux portraits et enquêtes consacrés à Denis Baupin, se dégage une impression de dédoublement. D’un côté, l’élu vert, homme de convictions, gros bosseur ; de l’autre, le type bien trop vert, harceleur apparemment connu de tous et « goujat important » – pour reprendre l’étrange expression de Cécile Duflot.

Ce côté Dr Jekyll et Mr Hyde, pour être un classique de la psyché humaine, est néanmoins intolérable à notre époque. Qu’il s’agisse de personnages publics, élus de surcroît, aggrave les choses. Car un homme politique se doit d’être exemplaire, et la transparence de nos existences modernes, via les réseaux sociaux, condamne de toutes les façons nos élus à une plus grande probité – qu’ils le veuillent ou non, l’impunité, le silence, et l’étouffement des affaires, notamment de moeurs, ne leur sont plus garantis ad vitam aeternam. Sans vanter les mérites d’un « modèle américain », où tout flirt serait interdit (l’épouvantail agité par les tenants de la « gauloiserie »), prônons un juste milieu. Celui où les femmes ne seraient pas forcément des victimes, mais pas forcément non plus condamnées à se taire… Car ce qui a changé, n’en déplaise à Mme Boutin qui ne rate jamais une occasion de nous gratifier de ses boutades, c’est que les femmes françaises n’ont plus « honte » de dire stop au harcèlement qui a trop longtemps porté le visage de la « gauloiserie ».

Quelle folle affaire que ce « Baupingate » ! Elle fait ressortir le meilleur chez certains de nos fins esprits : outre Mme Boutin, le député Pierre Lellouche, préférant ne pas commenter ces « histoires de bonne femme », ou encore Bernard Pivot, osant la comparaison avec DSK qui, écrit-il, était quand même « autrement plus direct, vif, franc » que ce pauvre Denis Baupin.

Messieurs, dames, ce n’est plus drôle. Le harcèlement touche tous les milieux, toutes les strates de la société. Politique, culture, affaires, administration, entreprises privées… Et partout, les langues se délient…
Nous vous avons demandé, chères lectrices, si vous aviez déjà subi une situation de harcèlement au travail. Et vous avez été plusieurs centaines à nous contacter sur Internet, en quelques heures, alors que nous bouclons ce numéro. Pour 18 % d’entre vous, la réponse est « oui ».

Voici l’un de vos témoignages. Il y en a bien d’autres. Lisez-le. Lisez-le aussi, madame Boutin, messieurs Lellouche et Pivot : « Quand vous dénoncez, on le prend à la légère et puis si vous insistez ou si vous vous rebellez, eh bien on vous chasse comme un moustique. Il y a le responsable aussi, qui vous fait comprendre qu’il aimerait bien coucher avec vous. Et puis quand vous lui faites comprendre que ce n’est pas possible, il vous rend la vie impossible jusqu’à ce que vous partiez. Alors, c’est la guerre parce que, au début, vous êtes un peu étonnée, un peu attristée aussi, et puis vous ne vous laissez pas faire. Et puis c’est la guerre. Je suis toujours partie parce que je n’avais pas d’autres choix. » Désormais, cela doit changer.
Et nous pouvons, nous devons, parler.

Françoise-Marie Santucci

 

A retrouver sur: http://www.elle.fr/Societe/Edito/Bas-les-masques-par-Francoise-Marie-Santucci-3102943

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